53% des Français n’envisagent pas la réalisation de travaux de rénovation énergétique pour leur copropriété.

Selon une enquête Hellio, 53% des répondants n’envisagent pas la réalisation de travaux de rénovation énergétique pour leur copropriété.
 

Pour le secteur du logement, responsable de 15 % des émissions de gaz à effet de serre, les défis à relever sont nombreux et complexes pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 fixé par la loi de transition énergétique de 2015. Encore plus pour les copropriétés où la prise de décision collective n’est jamais aisée.
 

Mais avec la loi Climat et résilience, plus le choix ! Les copropriétés vont devoir prendre le pas de la rénovation énergétique, sous peine de se heurter à des sanctions, comme la future interdiction de location des passoires énergétiques à partir de 2025. 

Cette loi, promulguée le 22 août 2021, cible particulièrement la gestion locative et les copropriétés. Deux univers en interconnexion car 60 % des logements dans les grandes villes sont la propriété d’investisseurs et sont donc occupés par des locataires. 

Face à l’urgence climatique, la rénovation énergétique globale et performante est considérée comme le seul moyen d’atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050.

Alors que beaucoup d’assemblées générales n’ont pu se tenir ou se sont tenues à distance avec tous les freins inhérents, en raison du contexte sanitaire, les copropriétés ont pourtant la lourde tâche de s’engager sur le chemin de la rénovation énergétique et doivent expérimenter un certain nombre de réformes votées dans le cadre de la loi Climat et résilience :
• Un DPE devenu opposable et à double seuil (émission de CO2 et efficacité énergétique) depuis le 1er juillet 2021,
• Un audit énergétique obligatoire pour les logements G, F, E et D à partir de 2022 (1er janvier 2022 pour les logements de classes F ou G ; 1er janvier 2025 pour les logements de classe E ; 1er janvier 2034 pour les logements de classe D),
• Un échéancier sur l’interdiction de location des logements les plus énergivores (G en 2025, F en 2028, E en 2035),
• Un nouveau calcul du fonds travaux,
• Le Plan Pluriannuel de Travaux obligatoire.
Concrètement, ce sont 23 millions de logements classés de G à D (habitat collectif et maisons individuelles), qui doivent être rénovés car le législateur ne s’est pas limité à l’éradication des passoires thermiques (4,8 millions).
• Un enjeu financier
Outre l’obligation réglementaire, les charges de copropriété trimestrielles pèsent lourd dans le budget des ménages : 749 € en moyenne en 2020[1].

Selon les résultats de l’enquête Hellio, près d’1 répondant sur 2 (49 %) estime que le poids de l’énergie est supérieur à 20 % des charges. Une proportion qui devrait encore s’accentuer dans le contexte actuel de la hausse des prix de l’énergie si aucun travaux n’est entrepris dans les copropriétés.

Des obstacles à surmonter
Le premier enseignement de l’enquête réalisée par Hellio est la méconnaissance des copropriétés sur plusieurs sujets étroitement liés à la rénovation énergétique.

50 % des répondants ne connaissent pas l’étiquette énergétique de leur copropriété et seuls 15 % estiment l’avoir prise en compte lors de leur achat. 

Pourtant, l’énergie devient de plus en plus une composante à prendre en compte. Cette prise en considération devrait logiquement évoluer avec la future interdiction de location des passoires énergétiques à partir de 2025 : la valeur verte aura une influence sur le prix de vente d’un bien immobilier et sur sa location.
À la question « Connaissez-vous la rénovation globale en copropriété ? », près de 3/4 des répondants ont répondu par la négative.
Même constat du côté des aides à la rénovation globale : 70 % ne les connaissent pas. Des résultats peu surprenants puisque la rénovation globale est un axe du gouvernement depuis peu, MaPrimeRénov’ copropriétés ayant été lancée il y a moins d’un an.
 

Les freins pour faire voter les travaux de rénovation énergétique

Conséquence directe de la méconnaissance, convaincre les copropriétaires d’investir dans des travaux ambitieux n’est pas une tâche aisée ! Les copropriétaires prennent trop peu souvent la décision d’engager des travaux de rénovation énergétique sauf pour des motifs financiers : la baisse des charges pour 78 % des répondants et la valeur du bien pour 69 %. Ces résultats confirment bien que l’immobilier est le 1er poste d’investissement des Français.