Une nouvelle étude révèle que 87 % des fonds d’investissement labellisés investissent dans les énergies fossiles.

Épargne responsable en France : Une nouvelle étude révèle que 87 % des fonds d’investissement labellisés investissent dans les énergies fossiles

 

Epsor, une entreprise spécialisée en épargne salariale et retraite, a publié sa dernière étude annuelle sur les fonds d’investissement français. L’étude offre une analyse détaillée de plus de 800 fonds labellisés et non labellisés, révélant des tendances surprenantes dans le monde de l’investissement.

 

En 2022, malgré un contexte de marché favorable aux entreprises du secteur de l’énergie, une tendance inquiétante a émergé. Non seulement les gestionnaires de fonds ont été séduits par les majors pétrolières, mais cette dynamique a également touché les fonds labellisés. Les principales conclusions sont les suivantes :

 

87 % des fonds labellisés ont investi dans au moins une entreprise du secteur des énergies fossiles, soit une augmentation par rapport à l’année précédente (80 % en 2021 L’exposition des fonds labellisés aux énergies fossiles a augmenté en moyenne de 29 % en un an, passant de 4,7 % à 6,1 % en 2022.
TotalEnergies est devenue la deuxième entreprise la plus financée dans les fonds non labellisés et la quatrième dans les fonds labellisés, avec une augmentation significative de son investissement.

Près de 1,6 milliard d’euros, soit une hausse de 80 % en un an, sont investis chez TotalEnergies, représentant 1,49 % de l’encours des fonds labellisés de l’étude.

 

Un soutien accru aux secteurs durables

 

Malgré l’augmentation des investissements dans les énergies fossiles, l’étude révèle un paradoxe surprenant. En 2022, les fonds labellisés ont également montré un soutien accru aux entreprises des secteurs d’activités durables. Les points clés sont les suivants :

 

Une part d’investissement dans des entreprises des secteurs verts, tels que les énergies renouvelables, le transport vert et l’efficience énergétique, a augmenté de 11,5 % en 2021 à 14 % en 2022, comparé à 11,5 % dans les fonds non labellisés.
 

Moins d’investissement dans des entreprises des secteurs controversés tels que les OGM, les pesticides et l’huile de palme.
 

Les fonds labellisés affichent une empreinte carbone moyenne 17 % plus faible que les fonds non labellisés, s’établissant à 121 tonnes de CO2 pour 1 million d’euros de chiffre d’affaires.

 

La réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) devrait devenir plus exigeante, ce qui a déjà entraîné la déclassification de nombreux fonds. Les fonds Article 9 ont été rétrogradés vers la catégorie Article 8 en anticipation des nouvelles exigences techniques entrées en vigueur en janvier 2023. Parallèlement, une refonte du label ISR (Investissement Socialement Responsable) est envisagée, avec des critères plus stricts, notamment l’exclusion des entreprises dont une part importante de l’activité provient du charbon ou des énergies fossiles non conventionnelles.

Julien Niquet, président d’Epsor, insiste sur la nécessité de relever le niveau d’exigence dans la réglementation pour garantir une plus grande transparence pour les épargnants, face à l’urgence climatique.